La jetée des rêves

Il faudra pouvoir passer la nuit et ses innombrables rêves pour qu'existe seulement un lendemain

15 septembre 2009

Départ

Japon // Nouvelle-Zélande // Australie // Argentine // Corée // Inde // USA (Côte est) // Brésil...
Ailleurs, mais où ?
Le choix est vaste, la terre est grande.

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15 juin 2009

Un dimanche comme les autres

Un pique-nique imprévu au bord de l'eau. De la nourriture bulgare, une bonne bouteille de vin et en bonne compagnie. Il n'en faut pas plus pour sauver un dimanche, pour rompre l'enchaînement des semaines particulièrement fatigantes.

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30 mai 2009

(about : blank)

Sans moi...

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22 mai 2009

L'ombre d'un doute

42_18132278Toutes les heures du jour avaient la même couleur, la même odeur, la même sensation. Rien n'est venu, et la nuit est tombée, luisante d'absence. Il manque quelque chose aux dates du calendrier, une présence impalpable pour ceux qui ne la cherchent pas, pour ceux qui ne s'en soucient pas. Je l'ai attendu. En vain. L'ombre d'un doute, du doute prend un corps, prend un nom. Je le saurai bien trop tôt, par des riens ridiculement imperceptibles ou, au contraire, par l'évidence éclaboussante du changement étalé aux yeux de tous.
En attendant, supposer ; supposer et en silence.  Comparer, calculer. Lammas apportera les réponses, de toutes façons, et s'il n'en apportait pas, il sera toujours temps de considérer que les folles hypothèses étaient pires que folles. Qu'elles étaient vraies.

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14 mai 2009

Ombres chinoises

___Christmas____by_LiekAttendre que le temps dissipe les questions, qu'il confirme ou infirme les probabilités, les théories. Sourire à peine, parce que la phrase s'est posée. Un milliardième de seconde trop tôt pour ne pas rallumer la lanterne. Un milliardième de seconde trop tard pour l'éteindre, balayée par la raison.
Moment de vérité, qui de l'instinct ou de la raison l'emportera ? Qui de la méfiance viscérale ou du relativisme forcé aura vu juste ?

Au fond de ma poche, la petite lanterne magique s'est rallumée, et vrombit doucement, à peine tiède sous la pulpe des doigts.

Il sera toujours temps de resserrer mes doigts autour d'elle, d'en écraser le mécanisme, d'en briser la cloche de verre. Il sera toujours temps de la saisir délicatement dans ma paume et de sentir les parois se réchauffer doucement.

Après.

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12 mai 2009

La traversée des mots

In_my_other_life_by_temporary_peaceI'm walking through the streets, walking, walking, wondering, watching.

Going on going on and on and on and on... looking for signs.

Toutes les langues du mondes.

Ich geträumte again about dwyr and mid daegeweorcum tal cùr, oublié tout j'ai. Et les mots se bousculent, pendre à l'arbre. Der Mond surioara nostra.

Mwyfwy.

La traversée des mots, traversée par eux. Turin turambar turun ambartanen. Wyrd.
Les mots pour le dire :

Mort
Destin
Eau
Rêve
Nuit
Arbre

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10 mai 2009

Menée sur les eaux

7e8ae13c6b37e653984d060932aa3b70426b7d0d_mTenir la barre de son bateau, lancé sur l'océan. Pas de cartes, pas de cabestan, pas de boussole, pas de compas. Juste le dessin des constellations pour, quand vient la nuit, tenir le cap.

Je ne sais pas où je vais, je ne sais pas ce qui m'attend, je n'ai aucun moyen de savoir si je ne regretterais pas un jour le cap que j'ai pris. Je sais juste qu'il faut choisir et que, quoiqu'il arrive, le vent est toujours dans mon dos et qu'il gonfle la voile toujours vers l'ouest, vers la mort de toutes choses. On ne revient pas en arrière, on ne décrit pas de boucle pour revenir au point de départ pour recueillir un naufragé.

Tous les gens qui sont montés un jour sur un voilier le savent : les courants, même connus, sont traîtres, le vent tourne, le fond se modifient et il ne faut pas se fier à l'horizon claire et dégagée.
Et de me souvenir de ma petite enfance, de l'histoire de mon père, bon navigateur, de mes journées sur le bateau, de ma rage captive d'avoir l'obligation de porter un gilet de sauvetage. De mes journées sur la barque en pleine mer, avec la canne à pêche. De mon adolescence et du voilier sur lequel j'ai failli, un peu trop sûre de moi, un peu trop orgueilleuse face à une mer pourtant calme, passer par-dessus bord, souvenir du bastingage fait de câbles métalliques qui m'a retenu. In extremis. De mes leçons de catamaran. Instinct pour le vent, instinct pour la mer. Compliments élogieux de la part du prof et reconnaissance des pairs familiaux "tu es bien de la famille, tu as la mer et les bateaux dans le sang. Tu peut-être fière de toi."

Partie de moi dont je ne parle jamais, détestant cette pseudo exaltation pour les parisiens sur une gondole qui s'imaginent marin. Et de me jurer de ne jamais ressembler à ces gens qui se rêvent pirates pour un énième film bâclé sur le sujet. Confrontation immédiate avec un de mes cousins qui a fait le Vendée Globe.
Peu m'importe le sang, la lignée, l'expérience, la rupture ou la continuité avec cette branche, cette part de mon histoire familiale. Il m'importe de savoir guider mon petit catamaran à moi, de ne pas me fier aux signaux trompeurs, d'écouter l'instinct. Un jour, pensant aborder un port, je ferai naufrage, et la mer engloutira mon corps comme d'autres avant moi. Dernier voyage vers l'ouest, vers les Havres Gris.

Le reste n'a pas d'importance, finalement. Il s'avère que pour l'instant, la voile reparée et la main plus légère sur le gouvernail, je maintiens, préférant découvrir quelles contrées apparaîtront plutôt que de me demander lesquelles il y aurait en virant de bord.

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07 mai 2009

L'ailleurs n'est plus ici

L'ailleurs n'est plus ici, vous irez leurs dire que la terre est morte, que les maisons sont en cendres et que le vent apporte à mes narines l'odeur des charniers.
Vous leurs direz que j'ai tout perdu, que j'ai tout abandonné, et que pendant que la pluie tombe, drue et glaciale, j'hésite encore, assise sous l'if du monde des morts. Partir, rester. Avancer, retourner en arrière. Il n'y a plus de prière que mes lèvres puissent formuler, je n'ai plus de cordes vocales pour hurler, je n'ai plus de sens pour écouter mon cœur. Toute mon attention se trouve paralysée par cette boule dure et douloureuse que j'ai dans la gorge. Cette gêne à chaque respiration, ces quintes de toux qui me déchirent la poitrine. J'ai mal, et je sais que cette douleur ne partira pas. Il y a au-dessus de moi un spectre, et je suis dans l'attente.
De cette attente, peut-être en tirerais-je la gratitude de pouvoir avancer, encore et jouir de ma jeunesse si tant qu'il est tant. De cette attente, peut-être, n'aurais-je qu'une pente dégringolante vers  un cauchemar.

J'ai tout perdu, l'envie de me battre, le désir d'aimer, l'espoir fervent qui nourrit le coeur, le sursaut de vie, les colères terribles et les passions dérisoires qui m'animaient.

L'ailleurs n'est plus ici, il n'y a pas vraiment de passé, ai-je seulement réellement vécu, ai-je seulement peur, ou tout celà n'est que la neige tombant sur les champs nus de l'hiver. Il n'y a pas de futur, si tant ai qu'il y en est eu un. J'étais la dame du Temps Futur dans l'étrange trio que nous formions durant nos années d'études. La Dame du Passé est sous la terre depuis cinq ans. De la Dame du Temps Présent n'ai plus guère de nouvelles.

Pars, vis, meurt, rien ne me retiens. Rien ne m'appelle. Finir d'écrire le récit que je porte en moi depuis deux ans, et moi seule pourquoi. Même les étendards sont désormais sans couleurs pour moi.

A force de volonté je suis arrivé là où je ne voulais pas.

Phrase de Saint-Augustin, lu ce matin. Terrible et brûlante vérité, prophétie.

Pour le moment, tout en moi ressemble à l'éléctroencéphalogramme d'un macchabé. Mes plaisanteries deviennent terribles, mordantes, cruelles, vraies.

Loki, viens à mon secours. Tout sautera de toutes façons.

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03 mai 2009

Si je ne peux pas dormir, personne ne dormira.

Prendre le tambour chamanique.
Sortir en nuisette, pieds-nus dans le couloir.
Brandir le tambour en haut de la cage d'escalier. Six étages se déploient.

Il est 3h du matin. Depuis minuit, les voisins font une teuf, ne baissent pas la musique malgré nos demandes répétés. Les flics sont débordés.

J'ai pris le tambour. La baguette. Et j'ai joué. Plein rythme, pleine voix, pleine puissance.

Puisque je ne peux pas dormir, personne ne dormira. Je vais battre le tambour à fond et réveiller tout l'immeuble.
Parcourir les couloirs, donner des coups dans toutes les portes.

Le tambour résonne dans l'escalier. Je sais qu'on l'entend partout. Je hurle. Comme une possédé.
Cri de guerre, cri de rage.

Je vais jouer du tambour jusqu'à ce que toutes les portes claquent, que tout le monde gueule. Que la rue se réveille.
Mes mains tremblent, je tappe plus fort encore sur la peau.
Mon père m'a dit un jour, en m'entendant jouer "on t'entend dans toute la rue".
Je le sais parfaitement et la seule chose que je regrette, c'est de ne pas avoir mis mon treillis et mes docs.

J'ai les bras tendus au milieu du vide, WOMB WOMB WOMB WOMB
And you have now berserker.
Allez-y montez. Donnez moi une excuse pour tout casser, pour semer la zizanie.

J'ai réveillé toute la rue, les zonards sont réveillés et braillent dehors.
La seule chose qui va m'arrêter, c'est ma baguette.
Cassée nette sous l'effet des coups.

Silence dans l'immeuble.
Un quart d'heure d'un silence mortel.

La fête reprendra. Impossible que personne n'ai été réveillé. Le propriétaire sera prévenu.
Les seuls responsables ? Les voisins bien sûr.

Prochaine fête, je m'habillerai.
Me tiendrais sur leur pallier.
Et je jouerai.
Toute la nuit s'il le faut. Montant et descendant les escaliers.
Hurlant, maudissant, tambourinant.

Vous voulez la guerre ?
Vous aurez la guerre, puisque le dialogue et la politesse ne donnent rien.

Félicitations. Vous avez réveillé la barge en moi.
Celle que ni les lois, ni les règlements, ni aucune peur n'arrêtent.
Celle qui a défoncé un mur de placo à coups de pieds.
Démoli les rétro d'une mercedes quelque part dans une ville de Suisse.
Qui a fracassé des vitres à coups de poing.

Vous avez réveillé un berserker.

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02 mai 2009

Rettungsleine

Sur la table de chevet : Ulysse de James Joyce. Les boîtes de ma femme de Eun Hee-Kyung

Dans la tête : EC-17

Détail astral marquant : Les jumeaux dont on me dit que je dois m'occuper, et moi faisant la gueule. Ma responsable à la même table. Les gamins trop freak "non, on ne les prend pas en stop, ils ne sont pas nets, tu as déjà vu des gosses de douze ans lire Bernanos ?" Le rêve de cette nuit où je loupe tout ce que je dois faire. En retard d'un cheveu à chaque fois. Tout foire.

Dernière absurdité entendue : Plutôt un cassage. "Vous aurez des service de presse pour la rentrée littéraire". "Ben y'a intêret." Bam. Franchise contondante, abrupte. Insium ou l'art de dire tout haut ce que le rayon pense tout bas.  //  Descente du Chef, regards navrés échangés parce qu'il est trop con pour comprendre. Poilant, consternant, hilarant, désopilant. More & more. Et je dois supporter ça tout le temps VS Il est vraiment con ou c'est juste un style ? A voir les nouvelles mises en pages, les typos doivent avoir des pensées suicidaires. CQFD.

Dernier Apprentissage : No pain. No game.  L'art de l'usure / de la guerre / de la répartie sanglante : wipe. Conjuguer vie spirituelle et matérielle, ca c'est du challenge.

Dernier coup au cœur : Il est passé de 80 à 135 battements en un micro-quart de seconde. Pute borgne.

Dernier fou rire : "Ca a trois poils au cul et ca se prend pour un ours." Collègues estomaqués et fou rire général.

Dernier film : Vais me secouer pour aller voir Dans la brume électrique...

Dernière notes :  L'album Neon Bible de Arcade Fire. Thx you.

Promenade : Pique-Nique pour Beltane. Buttes-Chaumont. Le soleil. Almost (:p) everybody & nothing else matter.

Saveurs : Restaurant néo-zélandais demain... wait and see.

Senteurs : Poussière. Fourrure du chat. Le béton humide de la station Buttes-Chaumont.

Baromètre : Up & down & up & down & up & down & up & down. Systole-Diastole.

Frivolité(s) : Des chauchures. Saussure. Non merde, c'est un linguiste lui. Chaussures. Miam.  

Sous les coups de plumes, sous les coups de pattes : Création culinaire en tout genre. Projet couture.

Dernière photo :

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